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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 11:28

Trafic au sein du groupe Ferphos : un scandale !

Des scandales continuent malencontreusement de faire couler beaucoup d’encre dans la presse écrite algérienne et étrangère. Après les scandales de Sonatrach 1 et 2 touchant de plein fouet les réserves des hydrocarbures du pays et surtout l’économie nationale impliquant l’ancien ministre de l’Energie et des Mines Chakib Khalil, c’est au tour des responsables de la filiale Somiphos du groupe Ferphos qui sont impliqués dans le trafic du phosphate, a-t-on appris ces dernières 24 heures auprès de la justice.

Les éléments de la brigade économique et la police judicaire, à leur tête Boubaki Mohamed Yazid, n’ont pas chômé eux. Ces derniers ont ouvert une profonde investigation qui avait duré près deux années sur un nouveau scandale mis à nu par ces services. Il s’agit de la filiale Somiphos du groupe Ferphos dans laquelle 30 cadres supérieurs sont impliqués dans une affaire de détournement et dilapidation de biens publics, réalisations de contrats contre l’intérêt de la société causant un préjudice financier à l’économie nationale et autres délits enregistrés dans cette affaire. La chronologie des faits remonte à l’année 2011 quand la police avait relevé une étrange programmation dans les chargements du phosphate au niveau du port de Annaba dans des bateaux qui étaient en rade en attente d’un «ok» de la direction commerciale de Somiphos Tébessa qui n’avait pas été reçu. Ce retard avait coûté la faramineuse somme de 2 millions de dollars pour les compagnies étrangères à savoir Indagro, Timac Rare Earth et Getax. Cette somme financière en devises était donc à la charge de l’entreprise mise à l’index. Les enquêteurs avaient poussé leur investigation jusqu’au staff notamment le président du conseil d’administration, directeur général et autres cadres de la dite société qui avaient programmé en 2011 des chargements de 300 000 tonnes de phosphate pour la période de juillet à octobre de la même année alors que les capacités selon des spécialistes de la mine de Djebel Onk de Tébessa ne pouvaient dépasser les 150 000 tonnes par mois avec un transport du chargement de 5 000 tonnes par jour pour Annaba. Somiphos avait effectué des contrats avec ses collaborateurs à Annaba. Tout cela s’était effectué avec une totale absence de documents officiels justifiant la surexploitation et les montants des ventes. L’entreprise n’avait pas rapatrié tous les montants des ventes précédentes, chose qui constitue une infraction aux changes en complicité avec la BNA de Tebessa qui domicile les factures des ventes du phosphate. Les compagnies étrangères n’avaient de solution que de payer directement des factures de ventes. Devant cet état de fait, l’enquête policière révèle qu’en 2010 l’entreprise avait exporté 1,6 million de tonnes de phosphate alors qu’en 2011 il a été constaté une nette diminution avec une quantité de 1,2 million de tonnes provoquant ainsi un manque de 400 000 de tonnes dans l’exportation et occasionnant surtout de grosses pertes de 250 milliards de centimes à l’économie nationale. Alors que nos voisins comme le Maroc avait exporté 22 millions de tonnes en 2011, la Tunisie frappée par une grande crise avait quant à elle exporté 6 millions de tonnes de phosphate pour la même période. Une question se pose qui se cache derrière l’effondrement économique ? La police économique en poussant leur investigation ont découvert que les ex-dirigeants de la société avaient effectué des investissements dans l’exploitation des réserves de phosphate au lieu dit Bled El Hadba à Tébessa 2 milliards de tonnes en achetant une superficie minière en 2007 pour une valeur avoisinant les 30 milliards de centimes et 15 camions de type Mercedes qui avaient été laissés à l’abandon. Les enquêteurs chargés du dossier ont déterminé que le prix de vente sur le marché international qui était de 140 à 150 dollars la tonne du mois d’août à décembre 2011, la société incriminée l’avait cédé pour un prix de 80 à 90 dollars la tonne avec des contrats expirés causant ainsi des pertes à l’économie. Au second semestre 2011, ils avaient chargé quelques bateaux étrangers dont la moitié de l’exportation avait été vendue à 140 dollars la tonne et l’autre moitié pour 80 dollars pour des entreprises étrangères comme Indagro italienne, Afroeurop et autres provoquant une perte qui avait été enregistrée de l’ordre de 50 à 60 dollars la tonne. En outre, ils avaient favorisé dans le ravitaillement de la société suisse Mekatrade contre certains privilèges que le groupe avait obtenus, selon des sources de la police économique. L’enquête s’est élargie vers une autre filiale du groupe qu’est la SPA Sotramine «transport», celle-ci avait acheté 60 camions de marque Mercedes dans la période 2006 – 2007 et qui avaient été détruits sinon dépourvus de leurs pièces détachées dans le but de figurer dans les bilans d’achats annuels. A noter enfin le groupe court vers la faillite certaine compte tenu des résultats des pertes enregistrées avec un chiffre d’affaires, dit-on de 10 milliards de DA alors qu’auparant ce même groupe était classé 6e au monde. Que fait donc la tutelle? Qui protège ces mauvais gestionnaires des structures étatiques ? Beaucoup de questionnements sans aucune suite jusquà l’heure actuelle. L’affaire n’a pas encore été jugée définitivement en justice et le tribunal correctionnel de Annaba fera tomber son verdict durant la fin du mois de février 2014.

Oki Faouzi        

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